Le marché immobilier ancien francilien poursuit progressivement son redressement. Au deuxième trimestre 2026, le nombre de transactions a sensiblement progressé par rapport à l’année précédente, tandis que les prix sont restés globalement stables.
Les dernières données publiées par les Notaires du Grand Paris dessinent ainsi un marché plus actif, mais encore fragile et très sensible à l’évolution des conditions de financement et au contexte économique.
31 750 logements anciens vendus au deuxième trimestre
Entre avril et juin 2026, 31 750 logements anciens ont été vendus en Île-de-France, soit une progression de 10 % par rapport au deuxième trimestre 2025 et de 15 % par rapport à la même période de 2024.
La hausse concerne aussi bien les appartements, avec 23 070 ventes et une progression de 11 % sur un an, que les maisons, dont les transactions augmentent de 8 % pour atteindre 8 680 ventes.
Ces chiffres doivent néanmoins être interprétés avec prudence. Le deuxième trimestre 2025 avait été marqué par un ralentissement de l’activité après un début d’année soutenu par l’anticipation de la hausse des droits de mutation dans plusieurs départements.
Sur l’ensemble du premier semestre 2026, la progression apparaît ainsi plus modérée : les ventes augmentent de 4 % pour les appartements et de 7 % pour les maisons par rapport au premier semestre 2025.
Le redressement du marché se confirme donc, mais il ne constitue pas encore une reprise généralisée.
Paris enregistre une forte progression des ventes
Les évolutions restent très différentes selon les territoires.
Au deuxième trimestre, Paris enregistre une hausse de 20 % des ventes de logements sur un an. L’activité progresse également de 11 % en Petite Couronne, contre seulement 4 % en Grande Couronne.
Pour les maisons, le dynamisme est particulièrement marqué dans certains départements de Petite Couronne. Les ventes progressent notamment de 29 % dans les Hauts-de-Seine, même si ce marché représente naturellement un volume de transactions plus limité.
Ces différences rappellent qu’il n’existe pas un marché immobilier francilien unique : la localisation, le type de logement et son positionnement en prix restent déterminants.
Les prix des appartements restent stables
Le regain d’activité ne s’accompagne pas, pour le moment, d’une remontée significative des prix.
Au deuxième trimestre 2026, le prix des logements anciens en Île-de-France recule très légèrement de 0,3 % sur un an.
Pour les appartements, le prix moyen atteint 6 130 euros par mètre carré, en hausse limitée de 0,3 % sur un an.
À Paris, il s’établit à 9 560 euros par mètre carré, soit une progression de seulement 0,6 % en un an.
Les écarts restent naturellement importants entre les arrondissements : les prix s’échelonnent de 7 690 euros par mètre carré dans le 19e arrondissement à 13 980 euros dans le 6e.
Les indicateurs avancés issus des promesses de vente laissent entrevoir peu de changements à court terme. À Paris, le prix des appartements anciens pourrait ainsi atteindre environ 9 620 euros par mètre carré à la fin du mois de septembre 2026.
Le prix des maisons continue de reculer
La situation est légèrement différente pour les maisons anciennes.
Leur prix de vente moyen atteint 320 000 euros en Île-de-France, soit une baisse de 1,5 % sur un an.
Cette correction concerne aussi bien la Petite Couronne (-1,4 %) que la Grande Couronne (-1,6 %).
Selon les indicateurs avancés des Notaires du Grand Paris, la baisse annuelle pourrait même atteindre 2,8 % au troisième trimestre, même si les prix devraient rester quasiment stables à court terme.
Le marché des maisons demeure notamment davantage contraint par le budget des acquéreurs et par les conditions de financement.
Des acquéreurs en position favorable pour négocier
La stabilisation des prix et le niveau encore modéré de la demande placent actuellement les acquéreurs dans une position relativement favorable.
Les Notaires du Grand Paris constatent que les acheteurs restent exigeants. Lorsqu’un bien est proposé à un prix jugé trop élevé, il peut ne recevoir aucune offre.
La fixation d’un prix cohérent avec le marché constitue donc un enjeu essentiel pour les vendeurs.
Tous ne disposent cependant pas de la même marge de négociation. Les propriétaires ayant acquis leur bien il y a longtemps et bénéficiant encore d’une plus-value importante peuvent plus facilement revoir leurs prétentions. Ceux ayant acheté récemment sont parfois davantage réticents à accepter une baisse, ce qui peut retarder certaines transactions.
Primo-accédants, secundo-accédants : des situations différentes
Le retour des acquéreurs n’est pas non plus uniforme.
Quelques primo-accédants reviennent progressivement sur le marché, notamment lorsqu’ils disposent d’un apport personnel ou peuvent bénéficier d’un soutien familial.
La situation peut être plus délicate pour les secundo-accédants qui doivent vendre leur logement avant d’en acheter un autre, notamment lorsque leur premier financement avait été souscrit à des conditions de taux beaucoup plus avantageuses.
Quant à l’investissement locatif dans l’ancien, il reste, selon les Notaires du Grand Paris, particulièrement limité.
Quelles perspectives pour le marché immobilier francilien ?
Depuis le début de l’été, certains offices notariaux constatent une amélioration du nombre de promesses de vente. Ce mouvement pourrait soutenir les transactions au cours des prochains mois.
La prudence reste néanmoins de mise.
Le marché demeure très sensible au contexte politique, économique et financier. La stabilité des conditions de crédit sera notamment déterminante pour permettre à la reprise de se poursuivre.
Une remontée des taux des crédits immobiliers pourrait, à l’inverse, réduire à nouveau la capacité d’emprunt des ménages et ralentir la dynamique.
Le scénario qui se dessine est donc celui d’une reprise lente et progressive, avec des prix globalement stabilisés et un marché qui reste favorable à la négociation.
Acheter ou vendre : l’importance d’un projet bien préparé
Dans un marché qui retrouve progressivement de l’activité sans connaître de véritable tension sur les prix, la préparation du projet immobilier prend toute son importance.
Pour un acquéreur, il convient notamment de sécuriser son financement, d’analyser précisément la situation juridique du bien et d’anticiper les conséquences patrimoniales de l’acquisition.
Pour un vendeur, une estimation réaliste et adaptée aux conditions locales du marché peut contribuer à réduire les délais de commercialisation et à faciliter la transaction.