Depuis 2020, le marché immobilier francilien a traversé un cycle particulièrement marqué, profondément influencé par l’évolution des taux d’intérêt.

Après un point bas historiquement favorable début 2022 (1,18 %), les taux ont rapidement grimpé jusqu’à 4,2 % fin 2023, avant de refluer progressivement à 3,16 % fin 2025.

Cette séquence a bouleversé les équilibres du marché, en affectant différemment les catégories d’acquéreurs.

Un profil type qui évolue peu… en apparence

À première vue, le profil de l’acquéreur francilien reste relativement stable :

  • un cadre,
  • âgé de plus de 40 ans,
  • achetant sa résidence principale,
  • déjà résident en Île-de-France.

Mais derrière cette stabilité apparente, le marché révèle des évolutions profondes, notamment un accès à la propriété plus difficile pour les profils les plus fragiles.

Des inégalités renforcées selon les catégories socioprofessionnelles

Entre 2021 et 2024, le nombre de transactions a chuté d’environ 40 %.

Cette baisse n’a pas touché tous les acquéreurs de la même manière :

  • -45 % pour les employés, ouvriers et professions intermédiaires
  • -23 % seulement pour les retraités

Résultat : les acquéreurs les moins dépendants du crédit (retraités, cadres) ont mieux résisté.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance de fond :

  • les employés et ouvriers représentaient 30 % des acquéreurs en 2000
  • ils ne sont plus que 15 % en 2025

À l’inverse, la part des cadres progresse fortement, traduisant une transformation structurelle du marché immobilier francilien.

Evolution du nombre d'acquéreurs par catégories socio-professionnelles
(base 100 en 2020)

Une reprise encore incomplète en 2025

Après un point bas en 2024, le marché amorce un rebond en 2025.

Mais aucune catégorie d’acquéreurs ne retrouve son niveau d’avant-crise (2020).

Les écarts de résilience restent marqués :

  • les cadres et retraités s’adaptent plus facilement,
  • les employés et ouvriers restent durablement en retrait.

Les jeunes acquéreurs particulièrement fragilisés

L’évolution de l’âge des acquéreurs confirme ces tensions.

L’âge moyen passe de 39,8 ans en 2005 à 41,7 ans en 2025, avec un pic en 2024.

Les plus de 50 ans représentent désormais 25 % des acquéreurs, contre 20 % en 2021.

Un accès à la propriété plus difficile

Entre 2021 et 2024 :

  • les transactions reculent de plus de 40 % chez les moins de 40 ans,
  • contre 19 % à 26 % pour les acquéreurs plus âgés.

La hausse des taux et l’exigence d’apport pénalisent fortement les primo-accédants.

Evolution du nombre d'acquéreurs par tranches d'âges
(base 100 en 2020)

Un marché en recomposition

L’année 2025 marque un début de rééquilibrage :

  • les 30-50 ans enregistrent un rebond notable,
  • les acquéreurs âgés restent globalement stables.

Mais le marché n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant 2022.

Une transformation durable du marché immobilier

Ces évolutions traduisent une mutation profonde du marché francilien :

  • un accès à la propriété plus sélectif,
  • un poids croissant des acquéreurs les plus solvables,
  • et une difficulté persistante pour les jeunes et les classes moyennes.

Le marché immobilier devient ainsi plus dépendant des capacités financières que jamais.