Après une période marquée par de fortes tensions, des hausses rapides puis un ralentissement brutal, le marché immobilier francilien semble aujourd’hui entrer dans une phase de normalisation.
Les dernières données publiées par les Notaires du Grand Paris (Dossier de presse du 26 février 2026) dressent le bilan de l’année 2025 et esquissent les perspectives pour 2026.
Pour les particuliers qui envisagent d’acheter, de vendre ou d’investir, ces évolutions apportent davantage de lisibilité.
Une reprise progressive des transactions en 2025
L’année 2025 marque un tournant. Après trois années consécutives de baisse, l’activité repart à la hausse. Près de 124 760 ventes de logements anciens ont été enregistrées en Île-de-France, soit une progression de 13 % en un an.
Cette reprise concerne aussi bien les appartements que les maisons :
- 88 020 ventes d’appartements anciens (+13 %),
- 36 740 ventes de maisons anciennes (+15 %).
Le dernier trimestre 2025 confirme cette dynamique, avec plus de 30 000 ventes réalisées entre octobre et décembre.
Il convient toutefois de relativiser : si l’activité progresse, elle reste inférieure aux niveaux particulièrement élevés observés entre 2015 et 2022. Le marché ne retrouve pas son pic d’expansion, mais il sort clairement de la phase de ralentissement amorcée en 2022.
Des prix qui se stabilisent
Après plusieurs années de fortes hausses, suivies d’un ajustement, les prix montrent aujourd’hui des signes d’équilibre.
Au 4ᵉ trimestre 2025 :
- Le prix moyen des appartements en Île-de-France s’établit à 6 160 € par m², en légère hausse de 1,2 % sur un an.
- Le prix moyen des maisons atteint 324 700 €, avec une évolution quasi stable (-0,4 % sur un an).
- À Paris, le prix moyen des appartements se maintient autour de 9 600 € par m² (+1,4 % sur un an).
Ces chiffres traduisent une consolidation plutôt qu’un redémarrage spectaculaire. Les notaires observent également un phénomène important : la qualité énergétique et l’état général des biens influencent désormais davantage les prix. Les logements nécessitant des travaux ou présentant une faible performance énergétique font plus souvent l’objet de négociations.
Des réalités différentes selon les territoires
Le marché francilien reste contrasté.
À Paris
La reprise est plus mesurée que dans le reste de la région. Le nombre de ventes progresse, mais plus lentement. Les prix demeurent élevés, avec des écarts importants entre arrondissements et quartiers.
En Petite Couronne
L’activité repart plus nettement, notamment pour les appartements. Les prix sont globalement stables, avec des variations selon les communes.
En Grande Couronne
C’est le secteur le plus dynamique en volume de ventes. Les maisons y conservent un attrait important, notamment pour les ménages recherchant plus d’espace et un cadre de vie différent. Les prix y évoluent peu, ce qui contribue à maintenir une certaine attractivité.
Un contexte de financement plus favorable qu’en 2024
L’amélioration de l’activité s’explique en partie par une stabilisation des taux d’intérêt. Fin 2025, les taux de crédit immobilier se situent autour de 3,1 % à 3,2 % en moyenne.
Cela permet le retour progressif de certains profils d’acquéreurs :
- des primo-accédants, souvent aidés par un apport personnel ou familial,
- des ménages qui avaient différé leur projet en 2023-2024,
- des secundo-accédants grâce au redémarrage des prêts relais.
Les investisseurs, en revanche, restent plus prudents.
2026 : une année de transition vers un nouvel équilibre
Les notaires décrivent 2025 comme une année charnière. Le point bas semble dépassé, mais le marché ne retrouve pas pour autant l’euphorie des années précédentes.
Les perspectives pour 2026 s’inscrivent dans la continuité :
- une activité stable ou en légère progression,
- des prix globalement modérés,
- un marché plus équilibré entre vendeurs et acquéreurs.
En d’autres termes, le marché francilien entre dans une phase plus mature et plus lisible. Les projets immobiliers peuvent se construire dans un environnement moins spéculatif et davantage centré sur la réalité des capacités de financement des ménages.
Le rôle du notaire dans un marché en mutation
Dans ce contexte de stabilisation, l’accompagnement juridique demeure essentiel.
Le notaire ne se limite pas à authentifier un acte. Il :
- sécurise la transaction,
- vérifie la situation juridique du bien,
- analyse les implications fiscales,
- anticipe les conséquences patrimoniales (succession, donation, régime matrimonial),
- conseille sur la stratégie d’achat ou de vente.
Dans un marché plus sélectif, où la négociation et la qualité des biens prennent une importance accrue, le conseil personnalisé devient déterminant.