Les pensions alimentaires versées à un ascendant peuvent, sous certaines conditions, être déduites du revenu imposable de leur auteur. Cette possibilité est toutefois strictement encadrée et suppose notamment que le parent bénéficiaire se trouve dans un véritable état de besoin.

C’est ce que rappelle la Cour administrative d’appel de Nantes dans un arrêt du 24 mars 2026.

En l’espèce, un contribuable avait déduit de ses revenus les pensions alimentaires versées à sa mère, à hauteur de 3 102 € en 2017 et 3 384 € en 2018. L’administration fiscale a remis en cause cette déduction en considérant que l’intéressée ne pouvait être regardée comme étant dans le besoin.

Les éléments du dossier révélaient en effet que la bénéficiaire disposait :

  • d’une pension de retraite annuelle de 28 925 € puis 26 692 € ;
  • d’une épargne de 53 176 € placée sur différents livrets ;
  • d’un contrat d’assurance-vie valorisé à 518 176 € ;
  • ainsi que d’un bien immobilier.

Au regard de l’ensemble de ces ressources et de son patrimoine, la Cour confirme la position de l’administration : l’absence d’état de besoin fait obstacle à la déduction fiscale des sommes versées.

Une appréciation globale de la situation patrimoniale

Cette décision rappelle que l’appréciation de l’état de besoin ne se limite pas aux seuls revenus perçus. L’administration et le juge examinent également le patrimoine du bénéficiaire, qu’il s’agisse de son épargne, de ses placements financiers ou de ses biens immobiliers.

Ainsi, même lorsque les sommes versées demeurent d’un montant modéré, leur déduction fiscale peut être refusée si le parent dispose de ressources ou d’un patrimoine suffisants pour subvenir à ses besoins.

À retenir

Avant de déduire une pension alimentaire versée à un ascendant, il est indispensable de vérifier que celui-ci se trouve effectivement dans une situation de nécessité. À défaut, l’administration fiscale est fondée à remettre en cause la déduction, avec les conséquences fiscales qui en découlent.

CAA Nantes, 24 mars 2026.